A Saint Etienne, le football est quelque chose d'inné, qui ne s'apprend pas sur un banc d'école, mais qui se ressent, qui se découvre par le contact des générations précédentes.
C'est ici que le football Français est réellement né, et chaque bambin qui voit le jour dans le Forez est tout de suite plongé dans l'atmosphère du ballon rond.
L'art d'aimer l'ASSE se transmet naturellement, et fait parti des principes de base de l'éducation de chaque stéphanois, sans pour autant être recherché.
C'est une question d'état d'esprit, de mentalité, qui fait que chacun adopte le rituel de se rendre à Geoffroy Guichard un samedi sur deux.Sans se poser de question sur le pourquoi du comment.
Le Chaudron fait parti de la vie de chaque stéphanois, et gueuler en se déchirant les poumons et en bravant le froid constitue un besoin primaire dont la satisfaction est inévitable.
A Saint Etienne, on a le football dans le sang.
Alors, le fait de voir l'amour « préfabriqué » que portent les Lyonnais pour le football ne peut que faire rire.
Ils se sont sentis obligés d'adopter ce sport populaire, qu'ils semblaient pourtant renier au temps où l'argent et la TV n'avaient pas encore mis la main dessus.
Cela pour rester en phase avec cette nouvelle distraction que la France entière a adopté un certain 12 juillet 1998.
Eux qui préféraient garnir les opéras et les théâtres, qui profitaient du nouveau cinéma des frères Lumières, et surtout qui bannissaient les Stéphanois en les réduisant à aller voir des matchs de football.
Sport alors peu glorieux et réservé aux prolétaires, sport de la masse, répugnant, auquel les Lyonnais n'osaient pas toucher au risque de devenir la raillerie des soirée mondaines.
Alors, cette immense hypocrisie dont ils font preuve, en acceptant désormais le football (ce sport pourtant contraire à leurs valeurs), ne peut que procurer chez les Stéphanois un sentiment de domination, de supériorité, de mépris, envers des Lyonnais qui se sont soumis à la pratique populaire,délaissant leurs préjugés pour coller à la nouvelle norme.
Le prolétariat ayant gagné sa bataille sportive face à la bourgeoisie, en faisant accepter à la société le football comme sport roi.
On ne peut pas aller à l'encontre de la nature, et le ballon rond ne sera jamais roi à Lyon.
Sa place est à Saint Etienne.
Ce que rappelait justement le kop nord lors du derby de septembre 2000:
Décidemment,nous ne sommes pas nés sous la même étoile !
asse/batards
